Wood'stown d'Alphonse Daudet: la vraie fin pour les curieux. Conseils en prévision de la correction de votre suite de texte

 Nouvelle intégrale: Wood'stown

Les notes que je vais mettre sur MBN sont provisoires. vous pourrez améliorer votre copie jusqu'à mercredi 16 novembre.

Erreurs souvent rencontrées dans vos copies et auxquelles il faut être vigilants:

-absence de ponctuation qui rend vos phrases illisibles

- non respect du système du passé ( alternance passé simple/imparfait) dans lequel est écrit le texte de départ et que vous devez conserver.

-accords sujet/verbes mal fait

-conjugaison erronée du passé simple 

- récit pas tout à fait logique, pas tout à fait cohérent: le texte de départ progresse grâce à des indicateurs de temps très précis et décrit précisément les avancées de la végétation. ( Tant que l'hiver dura,Tout à coup, au lendemain d'un grand orage venu de la mer,Le jour suivant,)  

Il faut conserver une cohérence, ne pas aller trop jusqu'à la situation finale dans votre récit personnel.

Etude de la progression temporelle dans la nouvelle Woodstown en entier: voir texte au début de l'article

Principales indications de temps// Principaux phénomènes du combat ville/ forêt


1er § : temps immémorial rendu par l’indication « là depuis la naissance du monde ̈. On notera également l’imparfait non limitatif de la première phrase (d’une valeur différente de l’imparfait de répétition des dernières phrases). La forêt semble présente de toute éternité
Les hommes entreprennent la déforestation d’une forêt vierge pour bâtir une ville. La rapidité de la repousse empêche les travaux d’avancer.

 
2e § : « jour et nuit ̈ Le combat mené par les hommes est incessant, mais vain.

2e § : « enfin, l’hiver arriva ̈ Le combat semble gagné par les hommes (voir le champ lexical de la mort, de la désolation qui rappelle le champ de bataille) : « désormais, on pouvait bâtir ̈


3e § : « bientôt ̈ Wood’stown, « une ville immense ̈, est construite rapidement.


4e § : « tant que l’hiver dura ̈ La forêt semble vaincue.


4e § : « de temps en temps ̈ Le lecteur comprend que l’hiver touche à sa fi n : quelques fissures apparaissent dans la ville.
4e § : « tant que l’hiver dura ̈ vs « aux approches du printemps ̈ Les racines se multiplient ; le bois gonfle. La soudaineté du printemps correspond à une accélération du récit.

 
5e § : « tout à coup, au lendemain d’un grand orage venu de la mer qui apportait l’été ̈ ; « avant le soir ̈ La locution adverbiale exprime la rupture. L’été n’est pas là encore, mais l’orage l’annonce : cet effet d’anticipation contribue aussi à rendre compte de l’accélération temporelle. Les planches se métamorphosent en « bouquets de verdure ̈, en« branches ̈. Les bourgeons du matin sont devenus de véritables branches.


6e § : « le jour suivant ̈ Les appartements se sont transformés en « serres ̈
6e § : « soudain [...] depuis deux jours ̈ La forêt encercle la ville.


7e § : « alors ̈ Les habitants prennent conscience du danger.


8e § : « d’heure en heure ̈ ; « déjà ̈ ; « en une nuit ̈ ; « puis ̈ (multiplication des indications de temps) Les habitants luttent, mais « en vain ̈. La ville est envahie, avec une rapidité croissante, par la flore et la faune.

 
9e § : « le quatrième jour ̈ « tout travail fut reconnu impossible. [...] C’est fini. Il fallait fuir. ̈ La forêt a gagné la bataille contre la ville.


10e § : (pas d’indications de temps au sens strict, mais des adverbes signifiants) « de plus en plus ̈, « il n’y avait plus de quai ̈ Les habitants fuient sur des « frégates blindées ̈.La forêt est victorieuse.


11e § : « de temps en temps ̈ S’entendent les derniers bruits d’écroulement de la ville et les coups de hache désespérés d’un dernier résistant.

11e § : plus d’indications de temps. L’accumulation de verbes au participe présent suggère le retour à un temps non limitatif
Toute trace de civilisation a disparu. Les derniers survivants fuient sur un bateau dont les mâts redeviennent des arbres

 Bilan de la lutte qui oppose les habitants de Wood’stown à la forêt. 

Les scansions de cet affrontement se calquent sur le mouvement des saisons, comme en témoignent nombre d’indications temporelles. Si l’hiver signe momentanément la déroute de la forêt, le retour du printemps condamne définitivement les hommes à la défaite. Plus le printemps s’installe et plus l’invasion de la ville par la forêt se fait massivement. L’été, période solaire, rend toute sa gloire à la nature. La structure temporelle est donc linéaire (l’histoire se déroule sur la période d’une année environ) mais aussi circulaire (la situation finale rejoint la situation initiale), comme si la présence humaine n’avait été qu’une parenthèse sans importance. La nature est plus forte que la civilisation. Ce n’est pas une des moindres originalités du conte que de l’avoir signifié par la structure même du récit.

(à suivre...)

 

 

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