Cours du mercredi 16 novembre: explication linéaire de l'incipit de Olympe, Mauvaise, roman de Marine Westphal
. Etude de l’incipit : fonctions générales des débuts de roman :séduire le lecteur- créer une atmosphère, l’ambiance du récit, présenter la situation initiale du récit, le cadre spatio-temporel, les personnages principaux, instaurer un système d’énonciation avec sa relation narrateur/lecteur- destinataire, familiariser avec le style de l’écriture.
Titre du chapitre: La mécanique du Dépôt = Dépôt : lieu qui renvoie à l’industrie, au commerce, à l’entreprise, majuscule qui lui donne de l’importance. Mécanique : renvoie au fonctionnement, la façon dont ça marche, le règlement du dépôt, comment s’y comporter, comment ça fonctionne.
Assez mystérieux :Comme souvent l’explication du titre du chapitre va être donnée dans ce dernier.
Texte en trois parties : 1. premier paragraphe…ça lui plut (l10) : définition de la mécanique du Dépôt : la base : voler. Découverte d’un narrateur à la première personne » je » qui a été initié par le grand patron Luis à l’art du vol (roman d’apprentissage ?) après avoir gagné une course contre un certain Roberto.
2. De « Roberto ( l.10) à marché saint Grognard (l 22) :
description de l’adversaire à la course du narrateur : un rat, aux
qualités exceptionnelles pour la course, un sportif de haut niveau.
3. Le récit du jour de la victoire du narrateur sur le rat et les conséquences de cette victoire pour elle car découverte qu’il s’agit d’une narratrice cf " j’étais comme une dingue."
-découverte de quatre personnages : 1.narrateur : étudier sa façon de s’exprimer, style qui fait alterner des phrases nominales et des constructions plus complexes, vocabulaire parfois familier et aussi très imagé, parfois vocabulaire sophistiqué : cf connaissances sur le sport et ses effets sur le corps( écrivain ou personnage ?) tout ce qui est dit d’elle à travers ce qu’elle révèle et sa façon de parler, à travers sa relation aux autres personnages.
2. Le grand patron Luis :
3. Le rat Roberto
4. Mineur
- le cadre spatio-temporel: un monde urbain, en marge, usines, entrepôts? un toponyme: le marché Saint Grognard.
- le genre général du roman : pas réaliste totalement, humaine qui rivalise avec un rat, drôle d’endroit où l’on forme des voleurs, mais en même temps récit d’initiation, de survie dans un milieu pauvre et déclassé. Singularité de la narratrice petite voix pleine d’énergie , attachante dont on veut connaitre la suite des aventures . Importance de l'imagination: un monde onirique où se côtoient des êtres différents, étranges hybrides pour parler d'une réalité sociale pénible: enfant abandonné, survie par le vol, rapports de forces etc
Lecture linéaire approfondie:
1. Phrase nominale très ramassée et synthétique : "la base : voler." Deux points équivalents à une explication, un signe égal : définition du principe de base de se lieu. Puis succession de verbes à l’infinitif accompagner d’un CC de but : principes de comportements: séduire pour distraire, distraire pour voler, voler pour compter, compter pour manger : technique de survie. S’interroger sur le sens de compter = avoir de l’importance. Manuel de survie. Phrase conclusive , présentative C’était la mécanique du Dépôt : explication du titre du chapitre et du fonctionnement de ce monde.
Apparition du je : quelle est l’identité ? on
songe au titre du roman, mais pas encore d’indice. Système des temps du passé.: récit d'une époque révolue?
Sagesse de la vie acquise dès l’enfance = plaire pour s’en sortir.( 5ème principe, encore question de survie) Commentaire de son physique ( portrait) : bonne tête qui donne confiance, utile dans la mécanique du dépôt c’est-à-dire pour devenir voleur. Atout.
Apparition d’un 2ème personnage : Le grand patron Luis ( nom à consonance espagnole) : maître dans l’art du vol, initiateur. Apprentissage du narrateur, épreuve certificative: le jour mémorable où il a vaincu Roberto à la course : nécessité d’être rapide à s’enfuir quand on est voleur, fait partie de l’apprentissage et des atouts.
3ème personnage Roberto.
Façon de parler familière du narrateur: ce qui n’était pas du flan »= ce n’était pas facile et même très difficile. Narrateur qui fait son propre éloge : de quoi j’étais capables quand j’y mettais toutes me stripes » très motivé. Capacité, motivation qui plaît au Patron. (interrogation du lecteur sur le pourquoi d’une telle motivation à devenir voleur.)
Effet d’attente sur Roberto : on pense à un homme, un garçon
Mais II : c’est un rat de compétition : pbl du statut du narrateur : serait-il aussi un animal ? un humain obligé de lutter avec un rat ? Monde un peu étrange, fantaisiste.
Un spécimen rare : il en restait peu dans le quartier, adversaire remarquable donc. Nourriture : déchets : contenu de la pelle à balayette de la cuisine, énumérations détaillée avec rythme ternaire : épluchures, rognures d’ongle, mouches crevées (dégoût du lecteur, mais travail sur le sonorités par l’écrivain) Nouvelle phrase nominale pour commenter ironiquement la nourriture : « un régime riche en fibre et protéines » donc équilibré ( connaissances médicales et sportives du narrateur ? de l’écrivain ?)
+ entrainement spécifique de la part de Luis : renforcer l’endurance et la musculation ( tjrs vocabulaire de la médecine du sport de compétition) construction d’un agrès spécifique dans sa cage : bout de plastique dans la roue de la cage qui produit un bruit régulier : métronome, quand il court : néologisme du tchakakatchaka onomatopée transformée en nom. : qualité technique acquise, renforcement musculaire et régularité. « bruit qui devient musique quotidienne ironie du narrateur ( un rat obligé de se mouvoir dans une cage produit une musique : contraste d’une grande violence)
Résultats de l’entraînement forcé et intense : grossissement des pattes du rat comparées à des pilons de poule. Fait du rat une chimère, un être hybride, un monstre.
Satire de la violence des entrainements des sportifs de haut niveau, monde de souffrance ?
III Récit du jour de la défaite de Roberto et de la victoire de la narratrice : comme une nouvelle naissance.
Course mémorable : 50m entre le portail du dépôt et le
panneau stop ( ancrée dans un espace concret) Souvenir du regard dépité du
vaincu qui accepte sa défaite et retourne dans le bureau de LuiS :
spectacle pitoyable à cause du corps congestionné par l’effort ( sport à
outrance qui abîme) mais dans la mécanique du dépôt il est interdit d’éprouver
de la pitié : la pitié, avoir de la peine est considéré comme un
« truc de riches » donc les personnages de voleurs ne font pas partie
de cette catégorie : milieux pauvre dur à la peine.Encore forme de
violence liée à la survie.pas le temps d'avoir pitié quand on est occupé à sa survie alors que les riches ont le temps et sont oisifs.
Bonheur de cette victoire pour la narratrice: une dingue. Retour sur son entrainement hors normes lui aussi : vocabulaire de la course : piquer des pointes, sauter, bourrer de coups mes quadriceps tétanisés, acharnement qui n’est pas compris des camarades ( existence donc d’un groupe de voleurs) car ils ne connaissent pas la véritable motivation. Elle aussi travaille l’endurance, se traite durement. Volonté de fer. Pourquoi s’infliger ça ?
Désir de travailler avec Mineur dont elle partage la chambre ( 4ème personnage : contraste entre le nom et son statut de pseudo grand frère) : lien affectif souhaité, partage d’une forme d’intimité, narratrice qui se cherche une famille : un père Luis, un frère Mineur. Plus âgé que la narratrice sans doute, plus expérimenté déjà dans le monde des voleurs depuis un certain temps.
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