Faire la différence entre de la paraphrase et un paragraphe argumenté de commentaire ( corrigé de la question 16 du devoir)
Faire la différence entre de la paraphrase et un paragraphe argumenté de commentaire :
Extrait de Une Vie à commenter : chapitre 1
Et
elle se mit à rêver d'amour.
L'amour ! Il l'emplissait depuis deux années de l'anxiété croissante de son
approche. Maintenant elle était libre d'aimer ; elle n'avait plus qu'à le
rencontrer, lui !
Comment serait-il ? Elle ne le savait pas au juste et ne se le demandait même
pas. Il serait lui, voilà tout.
Elle savait seulement qu'elle l'adorerait de toute son âme et qu'il la
chérirait de toute sa force. Ils se promèneraient par les soirs pareils à
celui-ci, sous la cendre lumineuse qui tombait des étoiles. Ils iraient, les
mains dans les mains, serrés l'un contre l'autre, entendant battre leurs cœurs,
sentant la chaleur de leurs épaules, mêlant leur amour à la simplicité suave
des nuits d'été, tellement unis qu'ils pénétreraient aisément, par la seule
puissance de leur tendresse, jusqu'à leurs plus secrètes pensées.
Et cela continuerait indéfiniment, dans la sérénité d'une affection
indescriptible.
Proposition d’un élève qui fait de la paraphrase :
Dans cet extrait du chapitre 1 du roman Une Vie de Maupassant, jeanne le personnage principal est en pleine euphorie sur l’amour. Auparavant anxieuse à l’idée de son approche et d’entrer en relation amoureuse, elle était maintenant libre une fois partie de l’emprise de ses parents, d’aimer quelqu’un comme elle le voulait, cependant toujours en attente de l’apparition de son futur compagnon qui selon elle la remplirait d’amour et de bonheur, se complétant tous les deux dans leur coupe. Imaginant des scènes ensemble, digne d’un film ou d’un récit romantique, continuant indéfiniment dans l’apaisement d’un amour selon elle indescriptible, mettant au second plan, et même sans les prendre en compte, les disputes, les mésententes et mécontentements souvent récurrents et quasiment essentiels dans un couple, elle nage en plein euphorie.
( Les idées sont plutôt justes mais jamais étayées par de véritables citations ou des analyses de procédés d’écriture qui expliquent comment l’idée a été trouvée.)
Paragraphes argumentées de commentaire :
D’après la réponse de Margot
Tout le passage, sauf la première phrase qui indique l’action que fait le personnage : « se mettre à rêver », est au discours indirect libre et donne accès à la rêverie de Jeanne, nous fait pénétrer dans ses pensées. On y découvre les attentes de Jeanne sur l’amour - le champ lexical de l’amour est d’ailleurs très présent dans le texte avec des formes de plus en plus intensives : « aimer, adorer, chérir et la répétition trois fois du mot « amour »-, ainsi que sa vision prédestinée de l’homme qu’elle va aimer : » Il serait lui, voilà tout », l’amour et l’homme étant presque confondu dans le deuxième paragraphe , le pronom « il » désignant d’abord l’amour, puis devenant une figure masculine avec l’emploi de « lui ». La façon naïve et idéalisée dont Jeanne rêve à l’amour fait percevoir de l’ironie de la part de l’auteur comme s’il se moquait de Jeanne en surlignant par des exagérations, des points d’exclamation, son exaltation. On a l’impression que Jeanne pense comme une petite fille qui rêve de prince charmant : « il la chérirait de toutes ses forces », « ils se promèneraient(…) sous la cendre lumineuse qui tombait des étoiles », « mains dans les mains, serrés contre l’autre, entendant battre leurs cœurs », autant de citations qui témoignent d’une vision idyllique et romantique de l’amour, d’emblée réciproque. Jeanne n’envisage même pas que l’amour ne soit pas partagé et semble donc croire à une véritable prédestination. Jeanne est dans une rêverie irréalisable dans la vraie vie et se fait beaucoup d’illusions. Maupassant critique ainsi le manque d’éducation des jeunes filles de son temps qui sont jetées dans la vraie vie sans connaissances fiables de ce qui les attend, nourries seulement par des lectures romanesques qui présentent l’amour à la manière des contes de fée.
D’après la réponse d’Aliénor :
Dans cet extrait, nous pouvons observer le champ lexical de l’amour : « amour trois fois, aimer adorerait, chérirait, tendresse ». On observe ici la rêverie de Jeanne en raison de l’utilisation du discours indirect libre qui s’étend sur tout le texte après la première phrase de narration qui l’annonce. Elle rêve et idéalise sa relation avec son futur époux en imaginant qu’il l’"adorerait" comme une divinité et se consacrerait entièrement à elle. Elle a une vision très simpliste de l’amour, on voit qu’elle n’a aucune idée de ce qu’est la vie de couple en réalité. Elle imagine que l’amour sera infini dans la phrase : « Et cela continuerait indéfiniment » sans désaccords, sans tromperie comme dans les contes de fée. Beaucoup de clichés amoureux sont présents dans sa rêverie : » ils se promèneraient par les soirs », « mains dans les mains », « entendant battre leurs cœurs ». La longue description de leurs activités de la ligne 5 à 9 accumule les actions romantiques, les sensations amoureuses fantaisistes de Jeanne qu’elle imagine forcément réciproques. C’est la vision d’une enfant qui n’a pas encore découvert le monde. A l’époque le fait de se marier était comme une vocation pour les femmes, il était évident qu’elle rêve d’amour leur seul horizon d’attente, mais comme elles n’avaient pas l’occasion d’en parler concrètement, leur vision de l’amour n’était pas réaliste.
J’ai mis en caractère gras le vocabulaire de l’analyse littéraire qui prouve que ce sont des paragraphes de commentaires littéraires.
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