Dissertation sur Une Vie de Maupassant: proposition de Sarah avec mes remarques

 En regardant le travail de quelqu'un qui se rapproche de la méthode de la dissertation, on comprend mieux ses propres erreurs et comment s'améliorer.

Dissertation sur le roman Une Vie.

En quoi Une Vie est un roman féministe ?

Pour répondre à cette question, il faut tout d’abord préciser ce qu’est le féminisme. C’est un mouvement visant à mettre fin au sexisme pour que la femme ait les mêmes droits, les mêmes rôles, et sois l’égale de l’homme dans la société. C’est un mouvement qui trouve ses origines au moment où ce roman a été écrit.

Le roman Une Vie raconte l’histoire de la vie éprouvante d’une femme, Jeanne Le Perthuis des Vauds au 19e siècle. A cette époque les romans sur les femmes étaient rares,( Ce n’est pas exactement cela. Les personnages féminins existent, mais pas tellement ceux qui appartiennent à la vie réelle et normale traité sur l’ensemble de leur vie. Maupassant avait le modèle du roman Madame Bovary de Flaubert , qui était aussi centré sur une femme du commun, une petite paysanne du pays de Caux.) cela est donc un premier signe de féminisme dans le roman. L’auteur, Maupassant, nous raconte la vie de jeune fille de Jeanne, de sa sortie du couvent à ses fiançailles avec Julien. Puis vient sa vie d’épouse, de son mariage à son accouchement. Ensuite est relatée sa vie de mère, de la naissance de son fils et de la naissance de sa fille malheureusement décédée à la naissance. Ce décès serait dû au choc de Jeanne, suite à la mort de son époux quelques instants avant. Le reste de sa vie semble enfin monotone, lorsqu’avec son père et tante Lison, elle élève Paul. Sa vie se termine par le court moment où elle est grand-mère. Maupassant nous raconte donc la vie de cette femme, Jeanne, en détails, en insistant sur les conditions de vie de  la femme au 19e siècle, sur les inégalités et les problèmes rencontrés non seulement par l’héroïne, mais aussi par d’autres femmes.

Dans ce livre, l’auteur dénonce en effet le manque d’éducation des jeunes filles de cette époque. Il montre les conséquences de la domination des hommes sur les femmes avec l’exemple de la vie de Jeanne. Pour les hommes et surtout les pères, les femmes devaient rester innocentes le plus longtemps possible, ignorant tout des sujets de la vie de couple et de la sexualité. Par exemple Jeanne a été placée au couvent par son père. On pourrait croire que cela s’est fait pour une question de foi chrétienne, mais on apprend que son père ne croyait point en Dieu. Son seul but était de la retrouver mûre et pure jusqu’au mariage. Jeanne était alors innocente et naïve ne connaissant rien de la vraie vie. Elle avait une vision idéalisée de la vie et plus particulièrement des hommes. Alors quand elle vit la vie telle qu’elle était réellement, lorsqu’elle découvrit la mort, la trahison, « l’amour », elle enchainera déceptions sur déceptions. Un autre exemple est sa nuit de noce : Jeanne avait une vision idéalisé des hommes, elle pensait qu’ils étaient tous comme ce qu’elle lisait dans ses romans, notamment les romans de chevalerie dont sa propre mère était friande , charmant , aimable, gentleman, la rendant heureuse et comme elle voyait son père, un homme gentil, aimable, doux, qui aimait sa femme et sa fille plus que tout. Innocente elle se maria très vite avec le premier venu, Julien. Il lui semblait au début comme l’homme dont elle rêvait. Elle l’idéalisait. Mais quand vint la nuit de noce, Julien se montra sous son vrai jour et força jeanne à avoir un rapport. Une chose à laquelle elle n’avait pas été préparée et dont elle était innocente. La seule phrase que lui avait dit son père était « n’oublie pas ceci, tu appartiens toute entière à ton mari ». Elle fut choquée et traumatisée, ayant été protégée et bien traitée toute sa vie. L’éducation des femmes de cette époque ne les préparait donc pas réellement à ce qu’elles allaient endurer, par exemple de la part des hommes proches d’elles. (Oui, rattache tout ce long paragraphe très intéressant à la question du féminisme du roman. Il ne faut pas perdre de vue ce que tu cherches à démontrer.)

Maupassant dénonce aussi le comportement des hommes à cette époque. ( Rattache cet argument à la question du féminisme.)Par exemple le fait qu’ils banalisaient l’adultère. Quand Jeanne a dit au prêtre que Julien l’avait trompée, le prêtre trouva cela banal et dit que cela arrivait à chaque homme de leur temps, qu’il ne fallait pas s’affoler pour ces choses-là. Le prêtre a donc minimisé le vécu de Jeanne et les torts de son mari. On trouve un autre exemple de comportement irrespectueux quand les hommes ne pensent qu’à l’argent et à s’enrichir, sans respecter les droits de leur épouse. Julien compte et surveille les moindres dépenses de Jeanne et économise le plus possible. On voit bien qu’il ne la laisse pas faire ses choix.

Maupassant dénonce aussi des conditions de vie de plusieurs autres femmes dans le roman comme la vie de Tante Lison, une femme qui a tenté de mettre fin à ses jours. N’ayant ni mari ni enfant à cette époque, ces femmes-là, étaient traitées comme inutiles, moins bien qu’une servante.

On voit donc bien que Maupassant a une vision féministe dans le roman Une Vie et dénonce le comportement abusifs des hommes et la condition des femmes à cette époque bien que c’était le tout début du mouvement féministe au 19e siècle et que Maupassant lui-même dans sa propre vie ait été souvent plutôt misogyne. Mais le roman est-il seulement féministe ? Dans les exemples que j’ai cités au-dessus, certes, les arguments nous prouvent que c’est un roman féministe un peu avant l’heure, mais nous remarquons  qu’il y a surtout des traits de réalisme, voire de naturalisme.

Alors le roman Une Vie de Maupassant pourrait être autant réaliste qu’il est féministe.( Ce n’est pas contesté. Cette formulation n’est pas intéressante.) En premier lieu Une Vie correspond tout à fait à la définition du réalisme et même du naturalisme car il y ait écrit « l’humble vérité »-c’est le sous-titre de l’œuvre- de toute la vie d’une femme de la haute société normande, dès sa sortie du couvent jusqu’à sa vieillesse, vivant en province dans la région du pays de Caux.( Si c’est un nouvel argument, il faut faire un nouveau paragraphe.) Il y a du réalisme dans certains passages qui sont souvent très crus. Par exemple lors du décès de sa mère, Jeanne, ayant toujours été préservée et prise pour une enfant par ses parents, ne pouvait pas y croire. Elle était persuadée que c’était faux, enfermée dans sa bulle, elle ne se rendait compte de rien, bien que les gens autour d’elle essayassent de lui faire comprendre et que le prêtre était déjà là, elle suppliait pour qu’on appelle un médecin. Jeanne restait auprès de sa mère même la nuit elle espérait un signe qui lui prouverait qu’elle était en vie. Jeanne fait face alors à une nouvelle épreuve de sa vie, le décès d’un proche, la mort, et plus tard le deuil. Cela est du réalisme pur. Ce réalisme montre donc à la fois la condition de la femme dont les droits ne sont pas respectés mais aussi la manière dont les femmes riches pouvaient être préservées jusqu’à tard dans leur vie.

Dans le roman il y a aussi du naturalisme. On parle beaucoup du corps et de la sexualité , par exemple le désir « animal » de sexualité qu’a Julien envers Jeanne au point de vouloir louer une chambre en pleine après-midi à l’hôtel pendant leurs voyage de noce. Et on se rend compte que son « désir » va aussi pour d’autres femmes. Comme pour Rosalie où l’on apprend qu’il ne lui a pas demandé son avis la première fois qu’il s’est glissé dans son lit. Une nouvelle fois, c’est un viol et on voit le comportement des hommes de cette époque et de ce milieu.

On  peut parler de naturalisme pour qualifier le passage de l’accouchement de Jeanne où on a ce champ lexical du nouveau-né : « pas de cheveux, pas d’ongles, étant venu trop tôt, mais lorsqu’elle vit remuer cette larve […] pousser des vagissements, qu’elle toucha cet avorton, fripé, grimaçant, vivant » On ressent aussi la douleur physique de Jeanne pendant l’accouchement mais aussi sa douleur mentale, elle se met à penser des choses affreuses, elle se met à maudire Julien, Rosalie et leur enfant. Elle pense même qu’elle va mourir : « Je vais mourir, je meurs ! » Puis nous vivons avec Jeanne le moment suprême : « Elle se tendit dans un effort suprême pour rejeter d'elle ce fardeau. Il lui sembla soudain que tout son ventre se vidait brusquement ; et sa souffrance s'apaisa. »( Commente davantage la citation pour bien montrer qu’elle illustre ton argument du réalisme du roman qui traite d’événements triviaux et tabous dans la littérature jusqu’au naturalisme.)

 

( Nouveau paragraphe, fais un alinéa. Il y a un cadre spatiotemporel qui existe, Maupassant nous raconte l’histoire dans l’ordre chronologique, avec du temps et un lieu donné très bien décrit. Par exemple, Les Peuples, j’imagine ce domaine comme un château semblable à celui d’Azay-le-Rideau avec une prairie où quelques chevaux résident et un étang, où il y a une famille de canard et plus loin la forêt.( Pas totalement pertinent : Les Peuples sont sans doute un liue fictif mais la description donne l’illusion de la réalité. Surtout comme Les Peuples n’est pas très loin d’Etretat et de Rouen , villes qui existent, nous sommes enclins à accepter que le domaine existe aussi. Les toponymes réels ancrent la fiction dans une réalité possible.) Il y a aussi dans l’histoire le passage du voyage de noce qui se passe en Corse, nous avons là un effet de réel. Ou bien le baptême de la barque, une coutume de la région normande qui existe pour de vrai.( Développe un peu cette coutume.) De plus, les dates renvoient à l’époque où se passe l’histoire, là où la noblesse de province semble vivre dans le passé. ( Cherche des dates et renvoie plus au texte pour prouver ce que tu avances.)

On peut donc dire que le roman Une vie a des airs de roman féministe, parce qu’il témoigne de la façon dont les hommes et les femmes de cette partie de la société vivaient au 19ème siècle. Mais ce n’est pas un roman exclusivement féministe. Il montre plus largement la société telle qu’elle est à cette époque, sous des traits réalistes et plus spécifiquement naturalistes. Car c’est aussi nous, qui, avec nos valeurs et notre sensibilité d’aujourd’hui, qui pouvons l’appeler féministe.( TB) Mais ce que l’auteur parvient à nous faire ressentir avec son style, il y arrive parce qu’il utilise la manière de faire du naturalisme et du réalisme, sur la thématique d’une vie de femme. (TB)

 

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