séance du jeudi 13 octobre: à propos du poème de Victor Hugo. à faire pour la semaine prochaine: mercredi 19 octobre
Vers le commentaire littéraire ( écrit)
Essayer de rédiger une partie du commentaire du poème de Victor Hugo sur lequel nous avons travaillé le jeudi 13 octobre et que vous avez dans le classeur; il s'agit de démontrer les deux axes de lecture suivants:
Première partie du développement : Le poème propose un éloge du monde sauvage :
- Ce qui est dit de la nature
- Ce qui est dit des habitants autochtones
- -Comment ce dernier est considéré par les Européens
Deuxième partie du développement :Le poème se livre à une critique de la civilisation occidentale considérée comme prédatrice.
-Les méfaits et l’extension de la colonisation
-L’Européen vu comme un prédateur destructeur quasi maléfique
-la dénonciation des violences perpétrées au nom du progrès.
Poème de Victor Hugo:
P
Ce que vous appelez dans votre obscur jargon :
-Civilisation- du Gange à l’Orégon,
Des Andes au Tibet, du Nil aux Cordillères,
Comment l’entendez vous, ô noires fourmilières ?
De toute votre terre interrogez l’écho.
Voyez Lima, Cuba, Sydney, San Francisco,
Melbourne. Vous croyez civiliser un monde
Lorsque vous l’enfiévrez de quelque fièvre immonde,
Quand vous troublez ses lacs, miroirs d’un dieu secret,
Lorsque vous violez sa vierge, la forêt ;
Quand vous chassez du bois, de l’antre, du rivage
Votre frère aux yeux pleins de lueurs, le sauvage,
Cet enfant du soleil plein de mille couleurs,
Espèce d’insensé des branches et des fleurs,
Et quand, jetant dehors cet Adam inutile,
Vous peuplez le désert d’un homme plus reptile,
Vautré dans la matière et la cupidité,
Dur, cynique, étalant une autre nudité,
Idolâtre du dieu dollar, fou qui palpite,
Non plus pour un soleil, mais pour une pépite,
Qui se dit libre, et montre au monde épouvanté
L’esclavage étonné servant la liberté !
Oui, vous dites :- voyez, nous remplaçons ces brutes ;
Nos monceaux de palais chassent leurs tas de huttes ;
Dans la pleine lumière humaine nous voguons ;
Voyez nos docks, nos ports, nos steamers, nos wagons,
Nos théâtres, nos parcs, nos hôtels, nos carrosses !-
Et vous vous contentez d’être autrement féroces !
Vous criez :- contemplez le progrès ! Admirez !-
Lorsque vous remplissez ces champs, ces monts sacrés,
Cette vieille nature âpre, hautaine, intègre,
D’âmes cherchant de l’or, de chiens chassant au nègre,
Quand à l’homme lion succède l’homme ver,
Et quand le tomahawk fait place au revolver !
Victor Hugo (1802-1885)
« Toute la Lyre » (posthume)
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