Cours du mercredi 30 novembre: visionnage de A Voix Haute ou la force de la parole ( envoyez les réponses aux questions)
Comme une large partie de la classe n'était pas présente, je n'ai pas fait le cours sur la dissertation ni commencé le cours sur Une Vie de Maupassant. Nous avons regardé le documentaire A Voix haute ou la force de la parole, dans le prolongement du cours sur l'argumentation, la création d'une harangue et la lecture à haute voix.
Les cinq grandes phases du
discours argumenté de type judiciaire:
Au début du film, Bernard Périer, professeur
de rhétorique classique à l’Université de Paris VIII, donne un cours
sur les cinq phases du discours argumenté de
type judiciaire.
Les phases du discours argumenté
de type judiciaire
-L’exorde : L’exorde est la phase d’ouverture
du discours. Le but recherché de l’orateur dans cette phase est d’attirer l’attention de son auditoire.
-La narration : La narration est l’exposé des
faits, une histoire qui va servir de support au discours pour les
phases de l’argumentation et de la
réfutation. Ces faits doivent être énoncés avec le plus d’objectivité.
-L’argumentation : Lors de la phase
d’argumentation, l’orateur présente les arguments en faveur de la thèse
qu’il défend.
-La réfutation : Lors de cette phase,
l’orateur anticipe les arguments de la partie adverse et s’attache à expliquer
pourquoi ces arguments ne sont pas convaincants.
-
La péroraison : La péroraison est la phase qui clôt le discours. Elle a pour but d’emporter l’adhésion de l’auditoire, de le convaincre. La péroraison est passionnée, elle dépasse les faits par l’émotion et suscite l’empathie.
À VOIX HAUTE : LA FORCE DE LA PAROLE
Stéphane de Freitas, Ladj Ly, 2016
Dans un monde sur-médiatisé, fait de GG et de réseaux sociaux, il est facile de rester planqué ou de se cacher derrière un pseudonyme. À l’inverse, il faut une certaine audace pour se mettre en première ligne, descendre dans l’arène et se produire sur scène devant des centaines, voire des milliers de personnes. Avoir le courage de ses opinions. Affronter ces yeux inquisiteurs. Bomber la poitrine. Sortir les mots.
Des étudiants de St Denis se préparent au concours Eloquentia.
Une équipe de professionnels se proposent de préparer des jeunes de banlieue à un grand concours d’éloquence au cours duquel ils devront faire preuve de charisme et de maitrise du langage. Bertrand, avocat, leur enseigne l’art de l’argumentation. Alexandra, metteur en scène, leur apprend à mieux utiliser leur corps. Loubaki, poète, explique comment jouer avec les mots. On respire avec Pierre, le coach vocal.
Ces élèves viennent de loin, c’est le cas de le dire.
Je viens d’un quartier où bien parler est plus une tare qu’autre chose.
Ils apprennent à parler à travers le rapport à soi, comme le décrit Bertrand :
Prendre confiance pour se jeter à l’eau, pour avoir une parole libre, sincère authentique, pour être convainquant.
Ils découvrent le potentiel inexploité d’une parole qui peut les aider à s’affirmer.
C’est bien d’écrire mais parler c’est mieux. Quand tu parles et que les gens t’écoutent, que les gens te regardent, tu as l’impression que tu peux tout faire. Tu peux conquérir le monde. C’est pour ça que je suis là. C’est parce que ça peut changer ma vie.
Une parole qui peut tout simplement leur permettre de rentrer en contact avec l’autre
J’ai découvert que je pouvais toucher les gens.
Les finalistes proposent une belle performance. Léila Bekhthi, présidente d’un jury composé de Kery James, d’Édouard Baer, d’Océane Rosemarie, en ressort émue.
C’est Eddy Moniot qui gagne l’édition 2015, pour la petite histoire. Elhadj Touré, Johan Youtchou, Kiss Sainte-Rose, Kristina Marcovic, Souleïla Mahiddin, Thomas Luquet, Camélia Kheiredine, Hanane El Mokhtar, Jeremy Diaz, Thomas Dedessus Le Moutier, Houda Chnabri, Franck Bikpo, Ouanissa Bachraoui, Leïla Alaouf, Yacine Ait Khelifa sortent tous grandis de cette aventure.
J’ai réalisé que l’éloquence n’était pas réservée aux hommes et j’ai progressé énormément donc j’ai pas l’impression d’avoir perdu en fait.
À Voix Haute, c’est haut et fort.
On trouve dans les banlieues, ce qu’on ne trouve plus nulle part ailleurs : de l’authenticité. Dans les quartiers, on parle avec le coeur . Ce que les Présidents ne savent plus faire lorsqu’il s’agit de s’adresser à leur peuple en colère. Ils préfèrent livrer un discours enregistré, répété tellement de fois qu’il en a perdu toute vérité.
La banlieue inspire. Cependant, la banlieue n’est pas le monde. Elle est en en dehors du monde, par définition. Ses ressortissants restent à quai et voient les RER leur filer sous le nez l’un après l’autre. Les portes restent fermées. Les noms ne sont pas sur la liste. Ces jeunes sont tout simplement ignorés.
Si j’attends qu’on me donne une voix, je peux attendre longtemps!
Ce n’est pas qu’ils n’ont rien à dire, bien au contraire. C’est plutôt qu’ils ont du mal à articuler leurs propos. Les mots ne sont pas les bons.
Jamais la vulgarité n’a servi à la parole.
Prendre la parole, pour moi c’est un combat.
La peur d’aller jusqu’au plus profond de soi pour voir ce qu’on peut y trouver : Réaliser que nos souffrances ne sont pas uniques et que nos trésors ne sont pas moins enviables que ceux des autres. C’est comme ça qu’on découvre sa sensibilité et qu’on peut la mettre à nu. C’est aussi comme ça qu’on prend confiance en soi – condition essentielle à la prise de parole.
Ce n’est que le début du voyage. Il faut ensuite trouver les mots appropriés pour habiller ses émotions.
Quand l’incendie s’est déclaré, c’était dur. Mais le plus dur c’est quand on est revenu chez nous. Tu débarques, tu vois ton lieu d’habitation ravagé. Tu vois un mec de France habitation qui débarque : ‘Vous allez être dehors mais de toute façon, vous étiez en irrégularité donc c’est pas grave.’ Ça te fait tellement flipper. T’es tellement en colère que y’a rien qui sort.
Quand on parvient à parler de ses idées comme on parle d’un grand cru, alors on peut monter enfin sur scène sans crainte d’être regardé de travers. Dans un monde de communication, on peut enfin commencer à exister.
Ces jeunes découvrent les atouts d’une parole dont Cyrano de Bergerac se servait déjà pour ridiculiser ses ennemis, haranguer la foule ou séduire Roxanne.
La parole c’est ce qui m’a manqué quand j’étais gosse. La parole c’est une arme. Ça me permet de me défendre et défendre certaines de mes idées aussi.
Désormais, ces jeunes maitrisent la forme. Ils sont devenus des orateurs capables de soutenir tout et n’importe quoi devant une assemblée. À présent, ils doivent cultiver le fond et approfondir leurs points de vue.
Ils vont devoir apprendre à maitriser cette arme. Il leur appartiendra de l’utiliser avec délicatesse et parcimonie. Comme un art martial, il faut s’avoir l’employer à bon escient. Au risque de fâcher les mauvaises personnes. Car si les mots peuvent blesser, ils font toujours moins mal que des balles réelles.
Questionnaire pour ceux qui ont vu le film: Réponses à m'envoyer.
1. Qu’avez-vous appris sur l’art de bien parler en regardant le film ?
2. Quels exercices proposés par les professeurs vous ont paru les plus intéressants et pourquoi ?
3. Raconter le parcours de l’étudiant qui vous a le plus touché : que sait-on de lui, comment a-t-il progressé, qu’est-ce qui le rend particulièrement touchant ?
4. Quelle séquence vous a le plus impressionnée et pourquoi ?
Quelle leçon personnelle pouvez-vous tirer d’un tel film ?
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